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Octobre 2007 : Edito

Rappel : un  forum est à votre disposition pour réagir à propos du projet

Peu d'avancées sur le projet...
Quant à l'actualité Garyenne , signalons la parution d'un numéro de la série Découvertes Gallimard consacré à
"Gary - A la traversée des frontières" que nous ne saurions que trop recommander aux élèves et aux adultes.
 
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Signalons également un numéro spécial de la revue Télérama consacré à l'expo "Bêtes et hommes" à la cité de La Villette à Paris du 12 septembre au 20 janvier 2007. Quelques articles nous ont interpellés :
Billet d'humeur que vous pouvez retrouver sur le forum du site romaingary.org
 
Pas mal ce numéro hors série de Télérama (en attendant d'éventuellement voir l'expo...). On y trouve pas mal de considérations qui nous renvoient aux sujets de réflexions de personnages voire de certains romans de Gary.
Voici quelques illustrations de citations en regard (Hors série Télérama / Les racines du ciel)

1- in "Les animaux, ces étranges voisins" Tél. p. 6

"A la grande question générale et abstraite des philosophes sur la frontière humanité-animalité, semble s'être substituée une nouvelle évidence : hommes et bêtes, nous sommes embarqués dans un même bateau qui ressemble de plus en plus à une arche de Noé sous climats déréglés, et sur lequel nous nos sauverons ensemble ou pas du tout."

in "Ethologie, une science sensible" Tél. p.40 - Interview de Dominique Lestel

"Tout animal, même une bactérie, est un sujet, car tout animal interprète le monde dans lequel il vit et aucun n'a jamais pu être caractérisé de façon satisfaisante comme un système mécanique (...)
Les philosophes ont un autre problème. Nombre d'entre eux tiennent pour acquis le grand partage entre l'animal et l'humain, et s'appuient sur une vision de l'animal caricaturale (...)
Ma démarche consiste à repenser qui nous sommes en nous replaçant dans le vivant et non plus contre lui."

Cela nous renvoie directement à la pétition de Morel : "Il y était proclamé également que le temps de l'orgueil est fini et que nous devons nous tourner avec beaucoup avec beaucoup plus d'humilité et de compréhension vers les autres espèces animales, différentes mais non inférieures." (p.46)

2- in "L'art Africain" Tél. p.33
"Sur le continent africain, l'organisation de la nature repose sur un savant équilibre entre hommes animaux et esprits (...) La chasse, activité longtemps capitale pour la survie du groupe, illustre à merveille cette interaction entre les trois catégories. Un manquement au respect ou à l'équilibre des relations entre elles, et l'accident survient : blessure grave ou mortelle."

Ce propos nous renvoie à certains passages du roman sur la chasse dans la société traditionnelle
à propos de l'aspect nutritionnel : RDC p. 51, p.185, p. 350 du roman : "les noirs ont une sacrée excuse, ils bouffent pas à leur faim..."
à propos des rituels : RDC p.166 "celui là a été mangé par un lion", p.227 "dans tous les rites magiques..." (ce n'est pas dans la description ethnologique que le roman excelle)

3- in "Une journée au zoo" Tél. p.52
"C'est perturbant d'imaginer que les zoos soient devenus les derniers refuges de certaines espèces sauvages disparues"

RDC p. 46 : "...et on s'apitoyait longuement sur le sort de ces bêtes (...) condamnées à disparaître d'une terre d'où l'homme s'obstine à les chasser.[/size]

4- in "L'élevage industriel : nouvelle barbarie" Tél. p.64
"L'objectif de l'élevage industriel consiste à produire le maximum de viande, d'œufs ou de lait en un minimim de temps et à moindre coût.La réduction de l'espace vital et le caractère désormais artificiel de cet espace caractérisent l'élevage hors-sol. Les densités dans lesquelles sont concentrées les animauxont atteint des limites au-delà desquelles il n'est guère possible d'aller ( poulets de chair, dindes, lapins, canards à gaver, poules pondeuses, porcs, truies à l'attache) : la surface des cases individuelles n'excède pas celle que chaque individu occupe, debout ou couché sans pouvoir se retourner. Cette contention permet à l'homme d'intervenir de toutes les manières possibles sur un animalincapable de se soustraireà ces manipulations : injections diverses, écornage, coupe du bec, chaponnage, gavage, coupe de la queue et castration des porcelets, meulage des molaires - tout cela sans anesthésie... L'améliorationde la nutrition , l'association d'additifs (antibiotiques, anabolisants) ont réduit le temps d'engraissement, c'est à dire la vie des animaux à quelques semaines ou quelques mois suivant les espèces. La sélection de races hyperproductives a démultiplié les rendements. L'insémination artificielle et la maitrise de la reproduction, le controle de la température de l'humidité et de la lumière ont fait de l'élevage une industrie performante. (...)
La violence propre à l'élevage industriel, véritable gestion du vivant, a été rendue possible par des capacités scientifiques et techniques inouïes "

RDC p. 83 : "Il faut absolument que les hommes parviennent à préserver autre chose que ce qui leur sert (...) Une civilisation uniquement utilitaire ira toujours jusqu'au bout, c'est à dire jusqu'au camp de travail forcé (...)"

Peut-être que certains lecteurs pourront établir d'autres connexions entre cette thématique et d'autres romans d' Ajar/Gary, il y a plus que matière me semble-t-il, et d'ailleurs un article sur la question, avec un éclairage tout littéraire, aurait pu être bienvenu dans cette revue.
 
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