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Novembre-Décembre 2007 : Edito
 
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EDITO : "Eléphant - Pan !" 

Non, il ne s'agit pas d'un article sur la chasse sauvage (dans tous les sens du terme) mais plutôt d'une réflexion née de la confrontation du texte de Gary avec une chanson de Brassens : "Le grand Pan est mort". On aura en mémoire combien l'éléphant est symbole d'humanisme et de liberté dans le roman de Gary et on réalisera en relisant le texte de Brassens comment l'homme privé d'imaginaire est voué à une existence réduite, renvoyé à terme à sa propre solitude. Nous voudrions tenter ici de révéler des ponts entre les deux textes, qui ne sont d'ailleurs que propositions d'analyse ou pistes de réflexion afin de toucher du bout de la conscience les enjeux primordiaux de ces textes pas si anodins qu'ils n'y paraissent : 

Pan est le dieu métaphorique de la puissance et du mystère de la Nature autant que, dans le roman, l'éléphant en est le représentant à l'échelle non métaphysique. Les dieux de la chanson de Brassens sont autant de symboles de la liberté de l'imaginaire humain que l'éléphant du livre n'a de cesse de se prêter aux métaphores les plus diverses.  Finalement, au vu du recouvrement de leurs emprises symboliques, on peut légitimement penser qu'il y a une communauté d'enjeux liée à l'existence même de ces symboles.

Il y a dans ces textes la dénonciation d'un fantasme Prométhéen : leur propos porte sur la vanité de l'espèce humaine se présente comme une mise en garde à son propre égard. Par sa science et son intelligence, l'homme a tôt fait de dominer la nature ou/et de se croire supérieur aux Dieux. Mais du même coup la civilisation qu'il aura engendrée ne risque-t-elle pas de n'avoir plus rien à dominer. Dès lors, l'homme ne pourrait-il pas se retrouver encore plus seul face aux problèmes existentiels.

Conclusion :

Le salut de l'homme - il n'est rien moins question que de cela - apparait bien lié à son imaginaire dans lequel se trouvent toutes solutions aux problèmes de l'existentialité. Cet espace de création, de liberté, de sensibilité - le terreau de toute métaphysique et de toute poésie, ce qui n'est pas de moindre importance lorsqu'on évoque deux génies de la littérature, cet espace doit être cultivé (voire avant tout préservé !) par l'homme à l'aide des symboles auxquels il doit être confronté et qu'il doit lui-même contribuer à créer. A contrario, c'est dans ce même espace et par ces mêmes symboles tangibles que le ciel peut planter les racines d'un éventuel salut.

voir article sur le sens du titre "les racines du ciel"

Ci-dessous, retrouvez les textes de références avec quelques commentaires...

Paroles de la chanson de Georges Brassens (1964)

Extraits des "Racines du ciel" en référence aux "Cieux frappés d'alignement" de Brassens :

"Ce que le progrès demande inexorablement aux hommes et aux continents (...) c'est de rompre avec le mystère, - et sur cette voix s'inscrivent les ossements du dernier des éléphants..." (80)


"Ce qu'il défendait, c'était une marge humaine, un monde, n'importe lequel, mais où il y aurait place même pour une aussi maladroite, une aussi encombrante liberté. Progression des terres cultivées, électrification, construction de routes et de villes, disparition des paysages anciens devant une œuvre colossale et pressante, mais qui devait rester assez humaine cependant pour qu'on pût exiger de ceux qui se lançaient ainsi en avant qu'ils s'encombrent malgré tout de ces géants malhabiles pour lesquels il ne semblait plus y avoir place dans le monde qui s'annonçait." (181)

Extraits des "Racines du ciel" en référence à "la fin du monde bien triste" de Brassens :

"Il faut absolument que les hommes parviennent à préserver autre chose que ce qui leur sert(...), qu'ils laissent de la marge, une réserve, où il leur serait possible de se réfugier de temps en temps." (83)
 
"Une civilisation uniquement utilitaire ira toujours jusqu'au bout, c'est à dire jusqu'au camp de travail forcé. Il nous faut laisser de la marge." (83)


 
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