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Septembre-Octobre 2008 : édito
La rentrée est passée bien vite, voici quelques nouvelles pour la reprise.
Tout d'abord, en musique : Connaissez vous la bien belle chanson "L'arbre Lumumba" de Vincent Courtois et Ze Jam Afane ? Elle se présente comme un croisement de regards humoristiques, poétiques et pragmatiques sur des thèmes africains : la déforestation, l'anticolonialisme , la société, sont évoqués à l'aune d'une comparaison originale de la valeur des vies d'arbres ou d'homme. (En fait le conteur fait parler l'arbre qui a reçu des balles lors de l'assassinat de Patrice Lumumba en 1961)... Bref des thèmes tout à fait Garyiens en rapport avec les réflexions de notre roman de référence. Pour en savoir plus sur cette chanson et l'écouter :

 ICI 

Souvenir d'une lecture d'été, on ne saura que trop vous recommander de lire, même durant la période hivernale, "L'hippopotame et le philosophe" de Théodore Monod. Et plus particulièrement dans ce recueil instructif et varié de chroniques  radiophoniques, les chapîtres intitulés "Plaidoyer pour l'être vivant" et "Un grand exemple : les parcs nationaux du Congo Belge". Dans lire la suite, ci-dessous, un petit compte rendu de ces deux extraits. 

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"Plaidoyer pour l'être vivant"
En ce qui concerne le premier texte, l'auteur nous y entretient de la cruauté humaine à l'égard des espèces animales. Il y évoque le cas particulier du continent Africain vis-à-vis de la souffrance des animaux et aborde la notion de pitié avec un regard qui la différencie de toute sensiblerie. Il en vient à parler du cas de la faune sauvage et évoque le vandalisme auquel elle se trouve parfois confrontée. Il évoque des espèces disparues et d'autres qui sont menacées,  accusant au passage la vulgarisation des armes à feu. (Ces petits essais de vulgarisations diffusés sur Radio Dakar datent de 1940-1941). La faune n'est pas seule en cause, la forêt diminue d'année en année. Une question diablement prémonitoire est posée dès cette époque par Monod : "Avons nous le droit de gaspiller ainsi un capital élaboré au cours de siècles innombrables, légué par la nature, et dont nous demeurons responsables vis-à-vis de nos successeurs ?" L'auteur en vient à citer des tentatives de protestations contre ces méfaits mais prône, au-delà des mesures de protections urgentes comme les parcs et des législations, un changement de mentalité, d'attitude, de philosophie de la part des humains. Chimères ?
(On peut rester surpris et admiratif de la communion d'idées entre cet essai et les thèmes du livre de Gary, voir les Citations  dans la documentation sur le roman)
 
"Un grand exemple : les parcs nationaux du Congo Belge" 
Ce court texte est une grande leçon de respect de la nature sauvage, de la part d'un naturaliste aussi érudit. Il est difficile à résumer ici, mais on peut en tirer quelques passages pour en évoquer l'esprit, intelligent, désintéressé et prémonitoire :
La protection de la nature est encore une cause impopulaire comme beaucoup de causes justes d'ailleurs (...) Ce n'est pas une raison pour que les amis de la nature se découragent (...) Mais un gros effort de propagande reste nécessaire et qui devrait viser tout spécialement la population scolaire. Il faut inspirer à l'enfant le respect de la vie, quelle qu'elle soit, lui faire comprendre enfin que notre effroyable puissance matérielle ne saurait être mise au service du brigandage et que la nature sauvage, loin de constituer une proie à saccager, est, au contraire, un très précieux capital que nous ont légué les ages et dont l'avenir nous demandera des comptes."
A la fin de son texte, Monod nous livre une citation tiré de "La beauté invisible" de M.Magre  (Paris 1937) et qu'on ne peut que replacer ici tant elle cadre avec l'esprit de notre projet :
"Il n'y a plus de solitude pour celui qui a trouvé les racines cachées qui joignent l'homme à la nature. Il n'y a plus de découragement pour celui qui voit la beauté du monde." 
 
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