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Reflexions sur les mises en abîme
par E.ploquin 
Ces réflexions font suite à la celles sur la narration chez Conrad (voir chapitre Références littéraires)

Dans la forme du récit :
Le récit est lui-même la somme de situation isolées, cloisonnées par le temps, l'espace et les personnages du récit. Seul St Denis, le narrateur, peut reconstituer l'affaire dans son ensemble, en créant une chaîne de rôles narratifs (A raconte B racontant C racontant D...) Exemple dans le chapitre 28 : lors de sa captivité, les prisonniers du camps conversent avec Morel, celui-ci a raconté la scène à Minna  qui la relate à l'audience du tribunal. St Denis est la dernière "poupée russe" de narration en présentant à Tassin (Teilhard) une vision globale et permet une réflexion sur l'affaire.
Au delà du narrateur cette histoire reste le conte inventé par le romancier Gary et c'est bien le romancier qui est la conscience de l'aventure.
(Notons que plus tard, le romancier se mettra lui-même en scène par le truchement du pseudo Ajar et qu'il bâtira un étage supérieur à une identité consciente virtuelle, comme les personnages de ses romans sont pour lui d'autres identités conscientes à un niveau inférieur de sa réalité charnelle).
Ces mise en abîme, ou le jeu des poupées russes de la création, crée un trouble...

Dans le contenu du récit :
Au sein de l'aventure elle-même, la conscience de l'humanisme échappe un peu aux personnages du roman. Chacun voit le monde par la fenêtre de sa fonction, de sa culture et de son histoire. Seul Morel qui semble avoir un don d'ubiquité et finit par échapper à la réalité - qu'est-il devenu, à part un mythe ? personne ne peut l'affirmer ! - semble être une conscience supérieure et agissante.

Les idées de Teilhard : où une conscience humaine se conçoit comme une somme de consciences, elles-mêmes ... pourrait-on poursuivre au delà ? Comme la lumière est corpusculaire et ondulatoire, la Vie est une et plurielle. (...Comme les planètes qui formeraient elles-mêmes une matière...)


Dans la symbolique :
Gary déclare que la grosseur de l'éléphant n'est pas étrangère à sa puissance allégorique. Il porte en lui un nombre impressionnant de symboles. L'éléphant est lui-même un symbole protéïforme : il est tour à tour l'abstract ou la référence tangible de l'association symbolique. Il symbolisera à la fois des choses qui lui sont supérieures et des choses qui lui sont inférieures dans l'échelle de la conscience.
Tangible (symbole du premier degré) :     Éléphant = Afrique / Éléphant = Viande
Abstract (métaphore philosophique ou poétique...) : (voir chapitre Références - Symboles)
 
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